Comment fonctionne le Camp Action Climat ?

Voir aussi :

S’organiser pour venir

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Infos pratiques

Tracts

La transmission d’information étant une étape primordiale pour l’intégration des individuEs dans un fonctionnement collectif autogéré, chacunE est invitéE à passer par la tente accueil en arrivant. Des permanences et un affichage Y sont assurés.

Le processus de circulation d’information et de prise de décision sur le camp

Il désigne le mode de prise en charge par touTEs de la vie quotidienne, des aspects logistiques du camp, des décisions collectives, des menaces éventuelles à l’existence du camp.
L’objectif de cette structure est de garantir un fonctionnement horizontal et de lutter contre les mécanismes d’oppression et de pouvoir volontaires ou inconscients.

1 – L’Assemblée Générale de Quartier

Le fonctionnement par quartiers nous paraît adéquat pour assurer une gestion collective réellement horizontale.
Tous les matins, chaque quartier se réunit en « AG » de quartier de 9h30 à 10h30. C’est le moment où chacunE peut s’exprimer et faire des propositions.
Les objectifs sont d’inclure les nouv-eaux-elles arrivantEs, de présenter le fonctionnement du camp et du quartier, d’organiser les aspects pratiques et la rotation des tâches (cuisine, toilettes sèches, équipe de veilleur-euses), de prendre les décisions concernant le quartier et de faire circuler l’information (programme de la journée, transmission d’infos des quartiers vers l’ensemble du camp ou l’inverse, …)
Deux « mandatéEs » quotidiens par quartier notent ce qu’il se passe pendant l’AG et participent à la réunion Campement. Ces 2 personnes sont mandatées pour une journée, le lendemain les 2 autres personnes choisies sont « formées » par les précédentes.
Un tuilage peut éventuellement être mis en place : 1 personne s’engage sur deux jours, le premier jour elle est formée, le 2ème jour elle forme une seconde personne.
Les mandatéEs devraient être sur place et joignables durant 24 heures en cas d’urgence.

2 – La réunion Campement

Le passage de l’information entre les quartiers et vers les quartiers se fait dans la réunion Campement.
C’est l’ensemble des mandatéEs des AG de quartier et de chaque Groupe de Travail (logistique, programme, enfants, cuisine, …) qui se réunit pour partager les informations et les diffuser.

Dans son fonctionnement normal :
Réunion chaque jour à 11h00, après les AG de quartier. Traite les sujets abordés dans les AG de quartier. UnE facilitateurice, et unE scribe peuvent aider à rendre la réunion efficace, afin qu’elle ne dure pas trop longtemps et que les informations soient effectivement enregistrées et retransmises. Le compte-rendu devrait être affiché dans chaque quartier et à l’accueil.

Dans son fonctionnement en mode « urgence » :
En cas de menace à l’existence même du camp : le groupe Campement devient une instance permanente avec rotation des mandatéEs toutes les 24h, après chaque AG de quartier. Son but devient de coordonner les activités visant à rétablir la tranquillité dans le camp. La méthode de prise de décision est le consensus. Les mandatéEs devraient être sur place et joignables durant ces 24 heures.

3 – Les décisions concernant l’ensemble du camp :

Exemple : notre stratégie face à la police. Mais peut être pas “où faudrait-il installer des douches supplémentaires”…
Si nous avons un peu de temps, nous souhaitons expérimenter une méthode qui permettrait une prise de décision incluant le plus de personnes possible tout en étant efficace : la réunion en pétales (ou hub & spokes).

Tout le monde est présentE et les personnes sont regroupées par quartier = les pétales.
Au centre de la fleur, il y a unE mandatéE de chaque quartier qui rapporte les propos du groupe aux autres mandatéEs et discute. Les pétales peuvent s’exprimer grâce aux signes manuels. Des aller/retour peuvent se faire jusqu’à la construction d’une proposition commune ou au refus d’une demande par exemple.
Suivant la situation une décision pourrait aussi être prise au consensus des quartiers.

Autogestion : les méthodes que nous avons choisies pour s’organiser collectivement

Il est très difficile pour un groupe (toujours trop restreint) de préparation de ce camp d’opter pour tel ou tel type d’organisation collective de fonctionnement et de prise de décision. Le simple choix d’en proposer un résulte d’une profonde motivation qui nous anime d’expérimenter concrètement ces fonctionnements, même si cela a pu provoquer de nombreux débats. Merci donc de votre indulgence de de votre attitude bienveillante et constructive quant à cette proposition.

La facilitation

Pourquoi animer/faciliter les réunions ?

Le Camp Action Climat est un moment d’expérimentation de pratiques alternatives en tous genres. Ces alternatives concernent aussi les façons de nous organiser collectivement et de prendre des décisions ensemble. Aucune personne et aucun groupe ne peut affirmer qu’il a la solution toute faite, mais le constat quotidien des schémas de domination et d’oppression dans les modèles d’organisation dominants (patriarcat, sexisme, racisme, reproduction des élites, …) nous pousse à en chercher les causes et à essayer de trouver des méthodes pour les atténuer puis les annuler.
Ainsi, dans les réunions de groupe des schémas de domination, parfois inconscients, se reproduisent : celleux qui ont le plus l’habitude de prendre la parole en groupe vont la prendre plus souvent, plus longtemps et avec plus d’influence sur le groupe. La facilitation des réunions a pour objectif de faciliter la participation de chacunE aux discussions et décisions. La présence d’unE facilitateur-ice ne dispense bien sûr pas de la coopération de chacunE dans la réussite de ces temps de réunion.
La facilitation représentant un risque de prise de pouvoir (limitation du débat par recadrage arbitraire, mauvaise répartition de la parole), il est possible de se former à cette pratique. Des ateliers d’initiation à la facilitation sont proposés sur le camp, afin que chacunE puisse endosser ce rôle si elle/il le souhaite. C’est un moyen de s’impliquer et de prendre de l’aisance dans le débat, ainsi que de sauvegarder l’organisation horizontale et la circulation de la parole.

Prendre des décisions au consensus

Le consensus est un moyen de prendre une décision qui fait appel à la créativité de touTEs, afin que chacunE se reconnaisse dans la proposition soumise à la décision. Cette proposition est construite collectivement, la plupart du temps avec le soutien d’unE facilitateurice.

Voici la marche d’une prise de décision au consensus que nous utilisons d’habitude, il existe des méthodes plus détaillées et plus progressives.

Pour commencer :
- Énoncer la problématique ou sur quoi porte la décision.
- Demander si il y a des questions de clarification
- Faire un brainstorming : lancer des idées, même complètement folles, sans les discuter ou les critiquer.

Discussion :
- Le groupe partage et creuse les idées et formule des propositions
- La/le facilitateurice cherche à reformuler et synthétiser les idées dans l’objectif d’arriver à une proposition qui réponde au maximum de problématiques et de remarques.

Proposition :
- Énoncer une proposition formulée
- Demander si il y a des questions de clarification
- La discussion se poursuit pour approfondir, affiner et amender la proposition.

Vérification du consensus :
- Répéter la proposition telle que dégagée à l’issue de la discussion (l’inscrire sur un tableau peut être utile)
- Redemander s’il y a des besoins de clarification
- Demander si certain-e-s souhaitent y apporter des amendements de nouveau.

Prise de décision :
- Demander si il y a des personnes qui souhaitent bloquer la décision
- Demander si il y a des mises en retrait
- Demander si il y a consensus actif

Différentes situations peuvent alors se présenter :
- Il y a des blocages. Il est possible qu’à l’issue de cela, certaines personnes restent totalement opposées à l’adoption de cette proposition. Le blocage doit porter sur un élément concernant les bases mêmes du groupe : si cette décision est prise malgré tout, alors que les valeurs ou les objectifs du groupe ne sont pas respectés (selon moi/nous), je/nous quitterons le groupe.
- Il y a des mises en retrait. Il se peut aussi que des personnes se sentent peu impliquées dans la proposition ou qu’elles ne soient pas satisfaites de son contenu sans pour autant désirer la bloquer. Dans ce cas, elles peuvent signifier qu’elles se mettent en retrait. On les invite alors à en expliquer les raisons, mais la proposition peut continuer à avancer tant que le nombre de personnes qui se mettent en retrait est limité.
- Il y a accord actif. Tout le monde secoue ses mains en l’air pour signifier qu’il/elle est d’accord avec la proposition.

La méthode utilisée au sein du collectif Camp Action Climat est la facilitation des discussions et la construction de consensus dans les prises de décisions.

Voir les gestes utilisés pour faciliter les discussions / prises de décision :

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Organisation du camp : des choix politiques !

Changeons le système… », à la cantine aussi.

Les tambouilles de l’ère post-capitaliste et post-fossile seront préparées collectivement et de manière autogérée. Dans chaque quartier une cantine collective est présente. Nous sommes toutes et tous appelé/es à participer à la préparation des repas, à la vaisselle, au rangement…
Cette année encore, des effluves de pains, tout bons tout chauds et préparés sur place, se propageront dans les allées du campement.

Le Camp Action Climat fournit des denrées alimentaires bio et végétaliennes, issues le plus possibles d’échanges locaux. Dans l’après-pétrole c’est nécessaire simplement pour pouvoir touTEs manger : au niveau mondial la moitié des céréales est produite pour nourrir nos futurs steaks et fromages. _ L’alimentation végétarienne est moins consommatrice en énergie fossile et en ressources naturelles. Elle est également la plus abordable pour toutes et tous.

Le camp se veut un espace non marchand. La prise en compte des coûts liés aux achats se fait sous la forme du « prix libre ». Chaque personne participe selon ses possibilités, ce qu’elle estime le plus juste.

Au pied des cheminées de la zone industrielle, nous sortirons du pétrin en se prêtant mainS forteS.

Prix libre

Le prix libre c’est dire « libre à chacunE de donner selon ses moyens, tout en consommant selon ses besoins ». Si j’ai beaucoup, je peux compenser pour celles-eux qui ne peuvent pas mettre autant (ou pour la prochaine fois où je serai fauché-e).
Le prix libre implique une notion de responsabilisation et d’entraide dans l’échange. C’est une pratique de solidarité dans le sens où chacunE, quels que soient ses revenus, peut bénéficier des mêmes services : priorité à la satisfaction des besoins de touTEs !
Le prix libre donne l’occasion d’un questionnement : combien vais-je donner ? Quels sont mes moyens ? Quels sont les frais qui ont été occasionnés ? À quel point puis-je ou ai-je envie de participer ? On s’éloigne ainsi d’une attitude purement consommatrice, où la somme qu’on donne est un geste rapide et machinal : la pratique du prix libre cherche à créer les conditions d’un autre rapport à l’argent qui règne en maître dans notre société.

Auto-médias vs. Médias à la masse

C’est l’autonomie et la créativité que nous défendons ; faisons nos propres médias !
Un espace avec du matériel disponible pour faire des films, sons, textes et les diffuser est ouvert.

Nous souhaitons aussi répondre aux sollicitations des journalistes et diffuser nos messages dans toutes les directions. Les médias de masse sont rarement nos alliés mais, non, les gens qui lisent les médias ne sont pas tous lobotomisés et nos messages peuvent les intéresser !
D’accord, mais pas n’importe comment : il a été décidé au consensus de limiter l’accès des journalistes au camp. Des horaires sont fixés et pendant les heures “d’ouverture” les journalistes doivent être accompagnéEs. Souhaitant préserver l’intimité de chacunE sur le camp, les prises de vues ne sont pas autorisées : nous constituons une photothèque nous-même. Un groupe de travail Presse s’occupe de répondre aux sollicitations des journalistes, de les accueillir et de faire tourner au maximum les voix qui seront interviewées. Rejoignez l’équipe presse, ou encore, si vous êtes partantE pour répondre à des interviews, faites le savoir !

Genres

Les oppressions sexistes sont sans doute parmi les plus répandues et les plus intégrées. Lutter contre ces mécanismes qui nous blessent toutes et tous n’est pas une mince affaire… Attachons-nous à contrer nos habitudes de langage, de type d’activité, de prise de parole et d’écoute, de prise de responsabilités, … Des temps et des espaces de non-mixité vont sans doute voir le jour sur le camp.
Ceux-ci permettent des moments de sécurité, de prise de conscience et de partage différents, ainsi que de rendre visibles nos mécanismes subis ou intégrés pour pouvoir se libérer du schéma patriarcal. Lors des discussions en groupe la personne qui prend des tours de parole peut choisir de donner la priorité à celles ou ceux qui ont le moins parlé et aux femmes ; les temps de parole et la prise de parole féminines étant en moyenne beaucoup moins longues et moins fréquentes.